En lançant fin 2017 un appel d’offres pour une assistance à maîtrise d’ouvrage sur l’open data et son déploiement en Occitanie sur 3 années, le Conseil régional Occitanie / Pyrénées Méditerranée a précipité les questions posées aux quelques spécialistes du sujet qui accompagnent aujourd’hui les collectivités locales.

Le contexte est connu : en octobre 2018, la loi pour une République numérique imposera l’ouverture des données par défaut à quelques 4 000 collectivités locales de plus de 3 500 habitants (et 50 agents ETP). Elles ne sont guère plus de 200 à avoir aujourd’hui effectivement franchi le pas d’ouvrir des jeux de données significatifs. Et l’expérience des collectivités pionnières en France depuis 2010 (première ouverture de jeux de données par la Ville de Rennes) montre que le sujet n’est pas simple. Les questions techniques et informatiques sont nombreuses. Elles sont aussi juridiques, éthiques, politiques et démocratiques.

Aujourd’hui en France, l’accompagnement des collectivités locales s’organise d’abord dans un cadre associatif autour des travaux d’Open Data France.

Pour répondre à l’appel d’offres de l’Occitanie, un groupement d’entreprises a été créé par les sociétés Datactivist (Aix-en-Provence), Civiteo (Nantes) et La reine Merlin (Bordeaux), auxquelles s’est jointe pour la circonstance la société AID Add Intelligence to Data (Paris).

« Ouverture des données et échéances 2018 : une nouvelle offre de services s’organise »

Ce groupement a choisi de se nommer « Collectif article 15 » en référence et sous forme de clin d’œil à l’article 15 de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 (« Article 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration »).

Samuel Goëta et Joël Gombin, co-fondateurs de la coopérative Datactivist précisent : « nous avons choisi ce clin d’œil car l’article 15 de la déclaration de 1789 est souvent cité comme étant la première trace d’une volonté d’un législateur de procéder à l’ouverture des données des administrations publiques. Nous accompagnons les collectivités locales dans cet état d’esprit. Il ne s’agit pas d’ouvrir les données uniquement par principe, il faut qu’elles soient utiles ».

La structure La reine Merlin, membre associée de la coopérative d’activité et d’emploi Coop Alpha apporte, à travers l’expertise pédagogique reconnue de sa créatrice, un accompagnement pour les agents du conseil régional et d’autres collectivités du territoire. Armelle Gilliard insiste sur ce point : « la formation et l’accompagnement de tous les acteurs (acteurs publics, privés et société civile) est essentielle. Bien comprendre comment sont produites des données ouvertes, documenter cette production et quels sont leurs usages possibles est un préalable pour structurer une démarche d’open data ».

La contribution du cabinet nantais Civiteo vise à développer les usages des données ouvertes par le Conseil régional et à animer le dispositif d’ouverture des données d’autres acteurs en Occitanie. Jacques Priol, son président, précise : « l’ouverture des données sur un territoire favorise les échanges et crée des effets d’entraînement vertueux. Il est important que les acteurs publics construisent une vision et une véritable stratégie de la donnée pour leur territoire ».

Pour la partie technique du projet AID Add Intelligence to Data apporte son expérience et son savoir-faire dans le domaine de la datascience et des infrastructures nécessaires. Son PDG Arnaud Contival constate : « les collectivités locales découvrent rapidement que l’ouverture des données prévue par la loi aura aussi une incidence sur la manière de gérer ces données, et ouvre des possibilités d’usages innovants notamment en matière de datascience ».

L’ambition des membres du Collectif Article 15 est simple : devenir ensemble un acteur de référence de l’open data.